La Nouvelle - Sherbrooke, mercredi le 20 septembre 2006

Par Geneviève Proulx

Chaque semaine, ils sont une quinzaine à se réunir pour faire bouger l’une de leurs seize pièces sur les 64 cases de leur jeu d’échecs. Ils trépignent d’impatience
pour retrouver le roi, la reine, le fou, le cavalier, la tour et les quelques pions. Ils ont entre cinq et douze ans et tout ce qu’ils veulent, chaque samedi matin,
c’est de faire échec et mat. Bienvenue au premier Club d’échecs junior de Sherbrooke.

Jean-Pascal Doucet et Forest Guo sont au nombre des enfants qui préfèrent leur échiquier aux dessins animés du samedi matin.
« Je joue depuis deux ans. J’ai appris à jouer aux ateliers donnés à l’école », explique d’entrée de jeu Jean-Pascal, du haut de ses neuf ans.

En effet, l’Académie d’échecs est offerte dans une vingtaine d’écoles de la Commission scolaire de Sherbrooke et permet à quelques 1500 jeunes
d’apprendre les rudiments de ce jeu. Au moment où La Nouvelle l’a rencontré, le jeune joueur faisait face à un adversaire des plus coriaces.
« J’ai gagné le tournoi régional l’an passé, raconte fièrement Forest. J’aime beaucoup jouer à ce jeu, alors c’est facile. »
Facile les échecs ? Difficile à croire pour la journaliste qui écrit ces lignes. Pourtant, le président du Club d’échecs de Sherbrooke, José Lopez,
est pleinement d’accord avec cette affirmation.

« Les enfants apprennent ce jeu très rapidement. En réalité, ce ne sont que six mouvements de pièces qu’il faut apprendre.
Au début, ils jouent très rapidement, sans penser aux impacts que leur coup peut apporter et ils ont de la difficulté à rester concentrés longtemps.
Avec le temps, ils apprennent à se maîtriser, à voir à plus long terme », explique-t-il.

Un jeu masculin?

Les filles ne se bousculaient pas aux portes de ce local de la bibliothèque Éva-Sénécal, samedi dernier.
En fait, on y dénombrait qu’une seule représentante du sexe féminin parmi la quinzaine de joueurs.
Une lacune que voudrait bien voir changer le président. « C’est un mandat que l’on s’est donné cette année,
de faire augmenter le nombre de filles au sein du Club. Pourtant, auparavant, les échecs étaient joués autant par des filles
que par des garçons. Ce n’est qu’au 18e siécle que les choses ont changé.
Nous allons donc travailler fort pour renverser la tendance », souligne monsieur Lopez.

Parce que c’est bien connu que ce jeu apporte beaucoup plus que du plaisir aux participants. « Les enfants qui jouent aux échecs réussissent mieux
en mathématiques, mais aussi en lecture », précise celui qui manie les pièces depuis plus de vingt ans maintenant.

Pour 35$ par année, les enfants peuvent donc s’adonner à ce loisir chaque samedi matin.
« Pour cette somme, on fournit le matériel, on organise des tournois, on leur donne des trucs et des conseils,
le tout encadré par des adultes », précise-t-il. Tenté par l’expérience ? On visite le http//fun.to/echecsherbrooke






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